En République démocratique du Congo (RDC), la société civile dénonce l’activisme du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Créé, il y a deux ans, pour contrer les cyberattaques, il est aujourd’hui auteur d’arrestations d’opposants et d’acteurs sociaux, des arrestations qualifiées « d’enlèvements » par l’Association africaine des droits de l’homme (ASADHO). « Le Conseil national de cyberdéfense n’est ni une police politique, ni une juridiction », rétorque Thierry Monsenepwo, communicateur et cadre de la coalition au pouvoir à Kinshasa, l’Union sacrée.

L’ASADHO congolaise appelle le régime Tshisekedi à libérer tous les acteurs politiques et sociaux détenus par le Conseil national de cyberdéfense.

« On ne construit pas un État de droit en noyant les voix dissidentes », insiste Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO.

« Cette institution opère en violation de la loi qui l’a créée mais aussi en violation de la Constitution et des instruments juridiques internationaux ratifiés par la République. Les violations des droits de l’homme qu’elle commet sont énormes. Ce sont notamment des détentions arbitraires durant plusieurs mois. Il y a des personnalités politiques comme aussi de la société civile qui ont déjà fait entre huit et neuf mois de détention », poursuit-il : Nous reprochons des visites nocturnes chez des citoyens, sans aucun mandat. C’est un Conseil qui opère totalement en marge des lois de la République et donc, ce qu’il faut, c’est soit l’obliger à respecter les lois de la République ou, tout simplement, dissoudre ce Conseil. Il agit comme un service secret, mais politique. On ne peut pas construire un État de droit en utilisant des méthodes qui portent atteinte aux droits des citoyens, en cherchant à noyer toute voix dissidente.

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