De graves violations des droits humains, pouvant inclure des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, auraient été commises par la milice M23 soutenue par le Rwanda ainsi que par l’armée congolaise et ses alliés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon des enquêteurs des Nations unies.
Une mission d’établissement des faits du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights a indiqué vendredi avoir établi que toutes les parties au conflit dévastateur ont commis des abus depuis fin 2024, notamment des exécutions sommaires et des violences sexuelles généralisées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le rapport de l’ONU conclut que le M23, à majorité tutsie, a commis des exécutions sommaires, des actes de torture et des disparitions forcées — pouvant constituer des crimes contre l’humanité.
Le groupe aurait également utilisé des violences sexuelles systématiques, notamment des viols collectifs, principalement contre des femmes, dans le but de « dégrader, punir et briser la dignité des victimes », selon le rapport.
Le M23 aurait reçu une formation et un soutien opérationnel des Forces de défense rwandaises, et il existe des allégations crédibles de présence clandestine de personnel rwandais au sein du groupe, ajoute le rapport.
Le Rwanda a à plusieurs reprises nié soutenir le M23 et affirme que ses forces agissent en autodéfense contre l’armée congolaise et des milices hutu liées au génocide rwandais de 1994. Le M23 a également déjà nié avoir commis des atrocités.
Le rapport indique également que les forces armées de la RDC ainsi que des groupes armés affiliés, tels que les milices progouvernementales appelées Wazalendo, ont commis de graves violations, notamment des viols collectifs, des exécutions délibérées de civils et des pillages.
En août, un autre rapport de l’ONU a révélé que les prestataires de santé dans l’est de la RDC avaient traité plus de 17 000 victimes de violences sexuelles entre janvier et mai 2024.
À la suite d’une médiation menée par le Qatar, la RDC et les rebelles ont signé une déclaration de principes le 19 juillet, dans laquelle ils se sont engagés à entamer des négociations en vue d’un accord de paix en août.
Les deux parties n’ont toutefois pas respecté le délai fixé pour parvenir à un accord de paix.
Source: https://www.aljazeera.com/




