Le procès pour trahison de l’ancien président de la Democratic Republic of the Congo, Joseph Kabila, a débuté devant un tribunal militaire dans la capitale, Kinshasa.
Il fait également face à d’autres accusations, notamment meurtre et viol, liées à son prétendu soutien aux rebelles du M23, qui contrôlent une grande partie de l’est du pays riche en minerais. Il nie ces accusations, ne s’est pas présenté à l’audience et a demandé à être jugé par contumace.
Son successeur, le président Félix Tshisekedi, l’accuse d’être le cerveau derrière les rebelles.
L’ex-président a rejeté l’affaire en la qualifiant d’« arbitraire » et a affirmé que les tribunaux étaient utilisés comme un « instrument d’oppression ».
Après plusieurs heures, le procès a été ajourné à la fin du mois, à la demande des procureurs qui ont demandé plus de temps pour examiner les documents.
Un accord de cessez-le-feu entre les rebelles et le gouvernement avait été conclu la semaine précédente, mais les combats se poursuivent.
Kabila vivait hors du pays depuis deux ans, mais il est arrivé en mai dans la ville de Goma, contrôlée par les rebelles, après un exil volontaire en Afrique du Sud.
S’appuyant sur des preuves jugées accablantes, l’United Nations et plusieurs pays occidentaux accusent le Rwanda voisin de soutenir le M23 et d’envoyer des milliers de soldats en RDC. Mais Kigali nie ces accusations, affirmant agir pour empêcher le conflit de s’étendre à son territoire.
Les anciens présidents de la RDC siègent comme sénateurs à vie et bénéficient d’une immunité à vie.
Mais en mai, les sénateurs ont retiré l’immunité de Kabila pour permettre sa poursuite pour des accusations incluant la torture, la participation à un mouvement insurrectionnel et l’occupation forcée de Goma.
Selon l’agence AFP, l’acte d’accusation décrit Kabila comme « l’un des initiateurs de l’Alliance du Fleuve Congo », une coalition rebelle plus large incluant le M23 et d’autres milices.
Kabila est accusé d’avoir conspiré avec le Rwanda pour renverser le président Tshisekedi. Les deux parties démentent ces accusations.
Âgé de 54 ans, il a dirigé la RDC pendant 18 ans après avoir succédé à son père Laurent-Désiré Kabila, assassiné en 2001. Il n’avait alors que 29 ans.
Il a transmis le pouvoir à Félix Tshisekedi après une élection contestée en 2019, mais les deux hommes se sont ensuite brouillés.
Dans une vidéo YouTube désormais supprimée publiée en mai, Kabila avait dénoncé le gouvernement congolais comme une « dictature » et évoqué un « déclin de la démocratie ».
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait rejeté ces accusations, affirmant que Kabila « n’avait rien à offrir au pays ».
Indigné par le procès, Ferdinand Kambere, proche de Kabila, a accusé le gouvernement de « double standard », estimant qu’il était trop conciliant dans les accords de paix mais trop dur envers Kabila, et affirmant que le procès visait à l’écarter de la vie politique.
Un autre allié, Emmanuel Ramazani Shadary, aurait déclaré qu’un verdict de culpabilité était déjà décidé et que le procès n’était qu’un « théâtre ».
À l’ouverture du procès, le vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba, a averti les critiques :
« La justice ne négocie pas, elle ne participe pas au dialogue. Le calendrier de la justice est différent du calendrier politique. »
Source: https://bbc.co.uk











