Plus de 200 civils retenus en otages dans l’est de la République démocratique du Congo par un groupe armé lié à l’État islamique ont été libérés lors d’une opération militaire, a annoncé l’armée ougandaise.
Des soldats ougandais, en collaboration avec leurs homologues congolais, ont mené une opération contre un camp contrôlé par les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe militant originaire d’Ouganda.
Parmi les personnes libérées figuraient des enfants, dont une jeune fille de 14 ans, selon un communiqué ougandais.
Les ADF ont été initialement formées en Ouganda dans les années 1990 par des personnes mécontentes du traitement réservé aux musulmans par le gouvernement. Après avoir été vaincues par l’armée ougandaise, leurs derniers membres ont fui vers l’Ouganda.
En 2021, l’Ouganda et la RDC ont lancé une offensive conjointe pour chasser les ADF de leurs bastions congolais, mais celle-ci n’a jusqu’à présent pas permis de mettre fin aux attaques du groupe.
On ignore la date et le lieu de l’enlèvement des civils secourus, mais selon un communiqué de l’armée ougandaise, les personnes détenues ont décrit des « conditions de détention extrêmement difficiles, notamment le manque de nourriture, le travail forcé et des punitions pour désobéissance ».
Certaines semblaient également affaiblies et souffraient de paludisme, de difficultés respiratoires et d’épuisement, ont indiqué les autorités.
« Vous n’êtes pas en détention. Vous êtes victimes d’enlèvement, et nous veillerons à ce que vous soyez remis aux autorités compétentes afin que vous puissiez retrouver vos familles », aurait déclaré le général de division Stephen Mugerwa, chef de la mission conjointe ougando-congolaise, aux personnes libérées.
L’armée a affirmé que plusieurs combattants des ADF avaient été tués lors de l’attaque du camp et qu’un stock d’armes avait été récupéré. Le communiqué ne précise pas s’il y a eu des victimes parmi les militaires ougandais ou congolais.
Les rebelles des ADF opèrent depuis la République démocratique du Congo depuis une vingtaine d’années.
Son chef, Musa Seka Baluku, aurait prêté allégeance à l’État islamique en 2016, mais ce n’est qu’en avril 2019 que ce dernier a reconnu sa présence dans la région.
Après des années d’activité clandestine en Ouganda, les ADF ont été tenues responsables de plusieurs attentats ces dernières années, notamment des attentats-suicides à Kampala, la capitale ougandaise, en 2021, et des attaques contre des écoles dans l’ouest du pays en 2023.
En République démocratique du Congo, elles sont surtout connues pour leurs enlèvements et leurs meurtres.
Une étude de BBC Monitoring réalisée en 2024 a révélé que les ADF étaient responsables de plus de la moitié des décès de civils dans cette région en conflit, sur une période de six mois cette année-là.
À la fin de l’année dernière, une chercheuse d’Amnesty International a signalé que les meurtres et les enlèvements perpétrés par les ADF se produisaient avec une fréquence alarmante. Des femmes et des filles étaient réduites en esclavage sexuel, a ajouté Rawya Rageh.
« Des hommes, des femmes et des enfants m’ont raconté comment ils ont fui pour sauver leur vie lorsque des combattants armés de lames et de fusils ont déferlé sur leurs villages… Les otages libérés ont parlé de périodes d’agonie – parfois des mois et des années – passées en captivité, pratiquement affamés et forcés d’effectuer diverses tâches dans les camps des ADF. »










