L’ancien président de la Democratic Republic of the Congo, Joseph Kabila, a annoncé la création d’un mouvement pour « sauver » son pays, après une réunion avec d’autres leaders de l’opposition dans la capitale kényane, Nairobi.

La réunion, tenue mardi et mercredi, a conclu à la nécessité de mobiliser les Congolais pour s’opposer à la « dictature » du président Félix Tshisekedi, selon un document consulté par la BBC.

Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a rejeté cette initiative, la qualifiant de « non-événement » et de rencontre de « fugitifs et condamnés ». Le ministère kényan des Affaires étrangères n’a pas répondu à la demande de commentaire de la BBC.

Kabila a récemment été condamné à mort dans son pays pour crimes de guerre et trahison par un tribunal militaire. Il a rejeté les accusations comme « arbitraires », mais ne s’est pas présenté au procès pour assurer sa défense.

Depuis mai, son lieu de résidence était inconnu jusqu’à ce que des images de lui à Nairobi circulent sur les réseaux sociaux plus tôt cette semaine.

La réunion de Nairobi a réuni notamment l’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo, condamné en mai à dix ans de prison pour corruption.

Les participants ont averti que la RDC faisait face à une crise croissante en raison du refus du gouvernement d’engager un dialogue inclusif et d’une mauvaise gouvernance économique.

Ils ont critiqué l’incapacité de Tshisekedi à mettre en œuvre des politiques répondant aux besoins urgents de la population, malgré son contrôle total du pouvoir d’État.

« De chaque coin et recoin du Congo, unissons-nous et menons des actions quotidiennes pour sauver la RDC. Chaque geste compte et contribuera à la victoire et à la dignité », ont-ils déclaré dans une déclaration en 14 points signée par les dirigeants de 12 groupes d’opposition et de la société civile.

Ils ont également dénoncé la « détention arbitraire de leaders politiques… [et] tous les jugements injustes rendus par les tribunaux contre les figures de l’opposition » et les critiques du gouvernement.

Ils ont promis de lancer une offensive diplomatique pour alerter la communauté internationale sur la crise en RDC.

Le gouvernement congolais a déjà exprimé ses inquiétudes concernant l’accueil par le Kenya de figures de l’opposition liées au M23, qui a pris le contrôle de vastes zones de l’est du pays, provoquant des tensions diplomatiques.

En 2023, la figure de l’opposition Corneille Nangaa a annoncé depuis Nairobi la création de l’Alliance Fleuve Congo, un groupe qui inclut des opposants et le M23.

Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019 après avoir succédé à son père, Laurent-Désiré Kabila, assassiné en 2001.

Kabila et Tshisekedi avaient formé une coalition après les élections contestées de 2019, mais ils se sont ensuite brouillés, et Kabila s’est exilé volontairement en 2023.

Tshisekedi accuse Kabila d’être le cerveau derrière le M23 dans l’est de la RDC, et les sénateurs lui ont retiré son immunité, ouvrant la voie à des poursuites devant un tribunal militaire qui ont abouti à sa condamnation à mort il y a deux semaines.

En avril de cette année, l’ancien président avait déclaré vouloir contribuer à trouver une solution aux combats meurtriers dans l’est et s’était rendu le mois suivant dans la ville de Goma, contrôlée par le M23. Il n’avait pas été vu en public depuis, jusqu’à cette semaine.

La réunion de Nairobi intervient alors que le gouvernement congolais a signé un accord avec le M23 à Doha visant à mettre en place un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu.

Les deux parties se sont mutuellement accusées de violer cet accord.

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