Un ressortissant français travaillant pour l’United Nations en Democratic Republic of the Congo a été tué, a déclaré le président français, à la suite de rapports faisant état de frappes de drones sur la ville orientale de Goma.
Deux autres personnes ont été tuées dans l’attaque, mais leur identité n’a pas été rendue publique.
Des témoins indiquent que les drones ont frappé le Lake Kivu ainsi qu’un immeuble résidentiel de deux étages souvent occupé par des expatriés et des travailleurs humanitaires dans cette ville contrôlée par les rebelles, tôt mercredi matin.
Dans un message publié sur X, le président français Emmanuel Macron a confirmé la mort de Karine Buisset, qui travaillait pour le fonds des Nations unies pour l’enfance, UNICEF, et a appelé au « respect du droit humanitaire ».
L’UNICEF s’est dite « dévastée et indignée » par sa mort et a décrit Buisset comme « une humanitaire dévouée qui travaillait sans relâche pour soutenir les enfants et les familles touchés par les conflits et les crises ».
Le chef de la mission de l’ONU en RDC a dénoncé l’escalade de la violence.
« Je condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation d’armes, y compris des drones armés, qui mettent en danger les populations civiles et le personnel des Nations unies », a déclaré Bruno Lemarquis dans un communiqué mercredi.
Les rebelles du M23 ont pris le contrôle de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, près de la frontière avec le Rwanda, au début de l’année dernière.
Depuis 2021, ce groupe s’est emparé de vastes zones de l’est riche en minerais de la RDC, avec plusieurs cessez-le-feu négociés qui ont rapidement échoué.
Ladd Serwat, analyste principal pour l’Afrique au sein du groupe de suivi des conflits Acled, a déclaré que les récentes frappes et combats « représentent la menace la plus sérieuse pour Goma depuis sa prise de contrôle et pourraient indiquer une offensive plus large de l’armée congolaise pour reprendre des zones du Nord-Kivu ».
L’armée de la RDC, stationnée à plusieurs centaines de kilomètres de Goma, lance régulièrement des frappes de drones à longue portée contre des positions du M23, tandis que des sources sécuritaires affirment que le M23 utilise également des drones explosifs sur les lignes de front.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux mercredi montrent des flammes engloutissant le bâtiment, tandis qu’une épaisse fumée s’élève dans le ciel nocturne et que des habitants fuient parmi les décombres.
Des images prises sur place montrent l’immeuble lourdement endommagé, avec le toit partiellement arraché, des murs criblés d’éclats et des fenêtres soufflées.
Des habitants ont déclaré avoir entendu des explosions et le bourdonnement de drones dans les quartiers de Goma, provoquant la panique. Un résident de Goma a indiqué à la BBC avoir entendu une détonation vers 04h00 dans le quartier de Katindo, sans savoir à ce moment-là ce qui s’était produit.
Un travailleur humanitaire proche de la maison touchée a déclaré à l’AFP avoir entendu le bruit d’un drone, suivi d’une forte explosion qui a ouvert « un trou dans le toit » du bâtiment.
Des pompiers, du personnel de l’ONU et des responsables du M23 ont été vus sur les lieux mercredi matin.
La résidence privée se trouve près du domicile de l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, rapporte l’agence AP. Il a été condamné à mort pour trahison pour des accusations selon lesquelles il soutiendrait les rebelles, ce qu’il nie.
Les rebelles du M23 ont accusé le gouvernement d’être responsable de l’attaque, la qualifiant « d’acte terroriste ». Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), qui inclut le M23, a décrit l’incident comme une attaque délibérée contre une ville densément peuplée.
L’armée a nié toute implication.
Ces frappes interviennent dans un contexte d’utilisation croissante des drones dans le conflit en RDC, qui a déplacé des millions de personnes et impliqué des puissances régionales.
L’ONU et les pays occidentaux accusent le Rwanda de soutenir le M23 — des accusations que ce dernier rejette.
Le mois dernier, le porte-parole du M23 Willy Ngoma a été tué lors d’une frappe près de la ville minière de Rubaya.
Les combats se poursuivent malgré la signature, début décembre, d’un accord de paix entre le Rwanda et la RDC sous l’impulsion du président américain Donald Trump, dernière tentative en date pour mettre fin au conflit.
Source: https://bbc.co.uk










