L’épidémie d’Ebola poursuit sa progression dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon Africa CDC, l’agence de santé publique de l’Union africaine, le pays totalise désormais 875 cas confirmés, dont 202 décès. De son côté, la situation sanitaire en Ouganda demeure stable. Si l’Ituri reste la province la plus touchée avec 799 cas confirmés, l’évolution de l’épidémie au Nord-Kivu suscite de vives préoccupations.
Bien que le Nord-Kivu n’enregistre que 73 cas confirmés, son taux de létalité est particulièrement élevé. Près de 59 % des personnes infectées y ont succombé à la maladie. Une situation alarmante pour Africa CDC, qui pointe du doigt les défis sécuritaires persistants dans cette province.
Selon le docteur Wessam Moukala, l’insécurité complique considérablement les opérations de riposte.
« La situation sécuritaire constitue un obstacle majeur. Elle limite les déplacements de nos équipes sur le terrain, qui peinent à atteindre certaines populations pour mener des actions de sensibilisation, détecter d’éventuels cas suspects, les isoler si nécessaire et assurer l’identification ainsi que le suivi des personnes contacts », explique-t-il.
Africa CDC souligne également que le Nord-Kivu présente le taux le plus faible d’identification et de suivi des cas contacts parmi les trois provinces affectées. L’agence redoute par ailleurs que les difficultés d’accès à certaines localités ne masquent un nombre réel de cas supérieur aux statistiques officielles. Elle appelle donc les autorités compétentes à faciliter l’accès des équipes sanitaires à ces zones afin de renforcer la lutte contre l’épidémie.
Malgré ces difficultés, des avancées importantes ont été enregistrées dans la réponse sanitaire. Les capacités de prise en charge se sont considérablement renforcées, avec le passage d’aucun centre spécialisé à neuf centres de traitement actuellement opérationnels, offrant plus de 500 lits pour les patients. Les capacités de diagnostic ont également connu une nette amélioration, passant d’une vingtaine de tests par jour à plus de 2 000 analyses quotidiennes.
Toutefois, plusieurs défis persistent. Les partenaires mobilisés sur le terrain poursuivent leurs efforts pour parvenir à la maîtrise de l’épidémie. Les équipes continuent notamment à détecter des décès survenus au sein des communautés, un indicateur qui témoigne de l’efficacité du système de surveillance épidémiologique. Cette détection permet l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés afin de limiter les risques de transmission.
Cependant, ces décès communautaires révèlent aussi une autre réalité préoccupante : de nombreuses personnes atteintes consultent encore tardivement les structures sanitaires et décèdent avant d’avoir pu bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée.









































