Le gouvernement congolais a décidé d’interdire les rassemblements publics dans la ville-province de Kinshasa ainsi que dans les provinces de la Tshopo, du Haut-Uele et du Bas-Uele. Cette mesure, annoncée dans un télégramme officiel du ministère de l’Intérieur, s’inscrit dans le cadre des efforts visant à prévenir la propagation du virus Ebola.

La décision a été prise par le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qui l’a communiquée aux gouverneurs des provinces concernées dans un message officiel daté du samedi 27 juin.

Selon le ministère, cette mesure préventive intervient en raison du risque sanitaire que représente la circulation du virus dans certaines régions du pays.

Les autorités estiment que les déplacements importants des populations, associés à la proximité de zones exposées à l’épidémie, pourraient favoriser une propagation plus rapide de la maladie.

Meetings, marches et autres rassemblements suspendus

Le communiqué précise que tous les rassemblements susceptibles de réunir un grand nombre de personnes sont suspendus dans les provinces concernées.

Sont notamment concernés :

– les meetings politiques ;

– les marches et manifestations publiques ;

– ainsi que toute autre activité rassemblant un public nombreux.

Pour le gouvernement, cette décision vise à réduire les contacts entre les personnes et à renforcer les mesures de prévention contre Ebola.

L’opposition dénonce une mesure à caractère politique

Cette décision est vivement contestée par plusieurs responsables de l’opposition, qui la jugent contraire à la Constitution.

Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, estime que cette interdiction aurait été prise dans le but d’empêcher la tenue de la marche annoncée par la coalition C64 pour le 8 juillet prochain.

Selon lui, cette manifestation devait permettre à l’opposition d’exprimer son rejet du projet de révision constitutionnelle défendu par la majorité au pouvoir.

Les opposants considèrent que cette réforme pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, dont le mandat actuel doit s’achever en décembre 2028.

De son côté, le gouvernement soutient que cette décision répond exclusivement à des impératifs de santé publique dans un contexte marqué par la résurgence de l’épidémie d’Ebola.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *